Forty Four Memories

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 Francois Kernéis

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Brest1945

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MessageSujet: Francois Kernéis   Lun 15 Juin 2009 - 10:28

Je vais vous parler de mon arriére grand pére, que j'ai peu connu. Les seuls souvenirs que j'ai de lui ne sont pas les meilleurs. Puis une de mes tantes à retracé son histoires, entre les documents officiels et les photos de famille..... J'ai mis l'essentiel, si vous souhaitez un peu plus de détail, je m'arrangerai pour les mettre


Francois Kernéis

François Jean Marie a vu le jour le dimanche 4 août 1907 à 11 h00 du soir au Conquet , 10 mois après le mariage de ses parents ,fils d’Eugène Marie KERNEIS et de Marie Félicité NANCOU .

Il est incorporé à la caserne du 2e dépôt de Brest , surnommé la Cayenne, Groupe des Recrues, le 14 novembre 1927 à l’âge de 20 ans comme matelot de deuxième classe non breveté, jeune matelot de la classe 1927 de la subdivision de Brest.

Après le deuxième dépôt, il va rapidement à l’Aéronautique du deuxième arrondissement de Brest où il passe l’année 1928 et devient matelot de première classe sans spécialité .Il est en permission de 5 jours du 24 au 29 décembre 1928.

Le premier janvier 1929 le trouve encore à l’Aéronautique du deuxième arrondissement de Brest . Le 10 mai 1929, il est renvoyé dans ses foyers 19 rue St Marc à Brest, chez son père Eugène.

Le 3 octobre 1929, « rengagé pour trois ans avec ½ prime pendant un an et prime entière pour deux ans », le retrouve au deuxième dépôt de la deuxième compagnie à Brest et le 9 octobre « en feuille de route pour Lorient à destination de l’Ecole des fusiliers pour suivre le cours des fusiliers ». Il y reste jusqu’au premier juin 1930 date à laquelle, il obtient son BREVET ELEMENTAIRE à 23 ans.


Il est nommé le 1er juin 1930 à 23 ans comme « matelot de 2ème classe, fusilier » sur le navire « Mulhouse »

Il rembarque sur le cuirassé « Lorraine » bateau basé à Brest, après sa permission de 5 jours du 19 décembre au 4 janvier avec une promotion de « Quartier Maître fusilier » . Il y reste jusqu ‘au 15 avril, où il est en poste au Deuxième dépôt de Brest, en attendant son embarquement sur l’Armorique le 21 avril 1931 où il ne sera effectivement que le 5 mai. L’ »Armorique » est le vaisseau école de « l’Ecole des mousses ».



Retour au 3éme dépôt de Lorient, à l’école des fusiliers marins où François KERNEIS obtient son Brevet Supérieur de fusilier à 27 ans .
Il quitte le « Provence « pour le 2ème dépôt de Brest le 1er juillet 1937 avec une promotion au grade de « maître fusilier ».Permission de 4 jours qu’il passe à Brest 30 rue Bruat en famille.



Le 11 octobre 1937 , François part pour Lorient embarquer sur le contre-torpilleur « Mogador » comme Capitaine d’Armes « bidel », officier marinier supérieur chargé de la discipline. Remboursement des frais de route Brest-Lorient 59 Francs. .

Le bidel est le capitaine d’Armes d’un bâtiment, c’est à dire l’officier marinier supérieur chargé de la discipline.

Puis c’est le départ sur le Mogador. François ne sait pas qu’il ne reviendra à Brest qu’après la guerre. Avec lui, quelques uns qui ont survécu aussi au déchaînement de Mers-El-Kébir :


BESSON Robert Mlot Radio
COUCHOURON Roger Ing. Mécan. 2ème classe
GUIZOU Pierre Q/M Mécanicien
LEOST Jean Mtlot Canonnier
LORCET Jean Paul Q/M 2ème classe Fourrier
LUTHEROT Alexis Q/M Cuisinier
MEZAN Lucien Q/M Electricien
PORRI Jean Mtlot Fourrier
RICHARD Yvon
ALINAT J.



Le contre-torpilleur « Mogador » est au mouillage dans la rade de Mers-El-Kébir avec les cuirassés « Dunkerque », « Provence », « Strasbourg », « Bretagne », le porte-hydravions « Commandant-Teste », les contre-torpilleurs « Volta », « Terrible », « Lynx », « Tigre » et « Kersaint »
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Brest1945

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MessageSujet: Re: Francois Kernéis   Lun 15 Juin 2009 - 10:29

Et voici la lettre écrit sur Mers el Kkébir

Alger le 28 juillet (1940)
Ma chère Nono,
J’ai reçu ta lettre du 15 juin et celle du 18 juillet, je garde celle du 15 juin comme souvenir, car c’est celle ou tu parles le plus de la guerre car à cette époque je ne savais rien de la guerre, mais depuis j’ai compris que tous ce que l’on peut raconter n’est rien avec la réalité . j’ai aussi reçu la lettre double adressé à Toulon car il y avait le cachet du Georges Leygues.
Moi je me porte bien moral et physique a part quelque colique dues à boire de l’eau glacée car il fait bien chaud ici.
Ne trouves pas drôle de ne pas avoir eu de nouvelles plutôt car je n’écrivais pas car il n’y avait pas de communication avec la France, maintenant que ces repris je t’acherai de t’écrire presque tous les jours ou bien la veille du départ des paquebots. As tu reçu ma photo du début de juillet . Fais prier pour moi c’est extraordinaire le nombre de gens qui l’on fait jusqu’à une dame d’Oran qui a fait le vœu pour les maîtres du Mogador d’aller à Santa Cruz. Tous ensemble Lilas un de maîtres mécaniciens est mort et moi je ne suis plus à Oran.. Alors tu as fait une véritable course à pied pour aller à la chapelle de Bodonou, moi je savais que la guere finissait le 24 juin car la source de la chapelle de Ste Odile en alsace avait commencé à couler le 24 mars et la légende veut que cette source coule 3 mois avant la fin de la guerre , çà été vérifié en …14
Je suis content de savoir que le jardin rapporte, mets de côté des fèves sèches ainsi que les petis pois, çà servira à faire la soupe, cet hiver.
Tu dois remarquer que je t’écris des longues lettres maintenant que je sais que je n’écris pas inutilement, j’ai davantage de goût, je suis dans la caserne Pélissier artillerie de côte à Alger, c’est une caserne qui se trouve en pleine ville, mais au bord de l’eau , mais par moment il fait bien chaud aussi tu parles si je sue, mais j’ai trouvé à faire laver mon linge , c’est la moitié des misères qui s’en vont comme cela , il y a un premier maître fusilier comme capitaine d’Armes , mais c’est un réserviste qui habite Brest, il vat quitter dès qu’il pourra , ca fait que je peux être nommé ici pendant trois ans.
Maintenant je vais tacher de te décrire ce qui s’est passé à Mers–el--Kébir bien que le temps efface les impressions.
Depuis le matin du 3 juillet le anglais se promenaient devant Oran, il y avait trois gros cuirassés et des contr-torpilleurs à 10h30 on rappelle aux postes de combat, mais rien. les avions anglais pendant ce temps jettaient des mines magnétiques devant les soties d’Oran et de Mers –el-Kébir. Vers 17h00 une vedette anglaise est venue avec des parlementaires pour discuter à bord du Dunkerque, nous nous étions déjà dans les passes , paré à sortir .J’ai commencé à manger et soudain un coup de klaxon , rappel immédiat au poste de combat , j’avais à peine commencé à manger, il y a même qui n’avais pas voulu manger de peur d’avoir une congestion, en allant à l’eau car on savait qu’on allait à la boucherie . Arrivé aux mitrailleuses j’ai vu la vedette anglaise qui repartait mais aucun avion en l’air j’ai redescendu boire le reste de ma carafe pour me donner davantage de cran, le verre du condamné on aurait pu dire. Vers 17h55 je vois les obus anglais qui tombaient près de la digne de Kébir , j’ai compris que c’était un duel à mort , car le Dunkerque et Strasbourg étaie,nt amarrés à la digue mais l’avant tournés à l’envers du large c’est ç dire que les canons ne pouvaient pas tirer. .la deuxième salve à toucher la Bretagne tu parles d’un volcan de feu que cela a fait car les soutes à munitions étaient touchées, après une salve à tomber près de nous , l’amiral disait « trop court, mais la prochaine est pour nous « le commandant a demandé à tirer sur le H 69 le bateau anglais chargé de recueillir les parlementaires et aussitôt que l’on commence a tirer , les éclats d’obus et esl morceaux du Bretagne tombaient autour de nous, tu parles ce n’étaient pas beau et l’on reçoit un obus de gros calibre sur l’arrière , la tourelle 4 est en morceaux les 3 tonnes de grenades sous-marines qui se trouvaient là, explosent à leur tour . le pont se soulève et se rabat sur l’avant bref le bateau immobilisé, je regarde le long du bord et je vois la majorité de l’équipage à l’eau , je prend ma bouée de sauvetage et je vais sur le pont jetter des gros morceaux de bois à l’eau , pour ceux qui n’aurais pas pu nager étant blessés, car j’avais appris à nager a tout l’équipage, il n’y a eu aucun noyé à bord, c’est un record
Ensuite le sous chef d’éétat major m’a dit d’essayer de mettre la vedette à l’eau, j’ai commencé à larguer la vedette , mais aucun mécanicien pour faire manœuvrer la grue, pendant ce temps le capitaine canonnier demandait un torpilleur pour enlever les pountes des torpilles et Serret l’officier à la fois électricien et torpilleur quand il a entendu cela , il a enlevé son pantalon et il a sauter à l’eau , c’était bien ce que je pouvais compter d’un salaud comme lui, alors j’ai ramassé les blessés avec le second maître secrétaire j’ai tout mis la baleinière, blessés et ceux qui étaient avec moi , j’ai mis la baleinière à l’eau et j’ai descendu dedans , ca fait que je n’ai même pas mouiller mes pieds pour partir du bateau, j’ai envoyé les blessés à terre et j’ai découpé le veston et la chemise de l’officier fusilier car il avait le haut de l’épaule droite enlevé, , le maître mécanicien qui était brûlé , devait mourir 36 heures après, ensuite j’ai rassemblé l’équipage à la marine à Oran, j’ai fait manger et dormir tous ces pauvres types car plusieurs étaient à poil , car une jeune fille a même enlevé sa culotte pour donner à un marin qui était tout nu. J’ai resté 48 heures sans voir un officier du bord et pour un peu on m’aurait traiter de fainéant car ceux qui avaient sauté à l’eau dans les premiers, comme ils étaient fatigués dans l’eau, ils ont retourné à bord et sont considérés comme des braves, c’est toujours la même chose . je termine car le papier est plus petit que mes idées. à bientôt je vous embrasse François
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Alain le Bon

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MessageSujet: Re: Francois Kernéis   Mar 16 Juin 2009 - 1:31

Très beau témoignage, magnifique et saisissante lettre de ton arrière grand père sur cet épisode tragique de la guerre...Tant de morts inutile.



Merci
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FOUDRETONNERRE

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MessageSujet: Re: Francois Kernéis   Mar 16 Juin 2009 - 2:15

ton arriere grand pere a ete vraiment tres heroique .ta fierte et ton hommage
l honnore et nous le fait connaitre .si tu as d autres lettres
fait nous les lirent .
eric
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Brest1945

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MessageSujet: Re: Francois Kernéis   Mer 17 Juin 2009 - 13:07

Je vous remercie de l'hommage que vous lui rendez en lisant ses lettres, tout ce que je fais c'est pour ne pas oublier et qu'il est toujours un souvenir quelque part, important pour se souvenir.

La suite arrive ce soir!
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Buck

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MessageSujet: Re: Francois Kernéis   Ven 19 Juin 2009 - 8:44

Très beau témoignages très prenant ettrès touchznt.
Héroïque arrière grand père merci à lui.
Vivement les prochaines lettres
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Willys44

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MessageSujet: Re: Francois Kernéis   Ven 19 Juin 2009 - 10:44

beau témoignage et belle recherche familiale j aimerai en dire autant sur les récits de mes grand parents mais comme souvent ils n en parlaient que très peu , pour les miens du côté maternel guerre d espagne enfermé en 40 dans le camp des réfugiés républicains espagnols catalans à AGDE puis en 42 dans la résistance et du côté paternel guerre d espagne réfugié en france puis enrôler dans l armée française et prisonnier en 39 captivité en allemagne dans un stalag puis libéré en 45 par l armée us
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Brest1945

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MessageSujet: voici des extraits   Ven 19 Juin 2009 - 12:39

Café Ribbentrop :

Pendant la guerre, Pétain avait interdit de servir de l’alcool, aux militaires, deux jours par semaine. Un jour sans alcool ! Le maitre Marcant, m’invite à prendre un verre. Nous entrons dans le café à l’enseigne « Bar du Zinc » rue du siam à Brest. Sur notre demande, la boniche nous apporte deux café « Ribbentrop ». La charme personne offre à chacun de nous : une soucoupe, une tasse, une petite cuillère et un morceau de sucre (il n’y avait pas encore de pénurie de sucre) je regarde dans la tasse, le niveau du liquide brunâtre était très bas je trempe le morceau de sucre et je constate que le café avait le gout du rhum négrita.

Baléares,
Début 1940 :

La flotte de l’atlantique croise au large des iles Baléares dans la Méditerranée. Je suis au poste de veille, prés des mitrailleuses contre- avions, devant les passerelles de navigation, où se trouvent en ce moment l’amiral Lacroix, le commandant Macrten du Mogador et plusieurs officiers.

A tribord, soudain j’aperçois le sillage d’une torpille, je signale la chose à la passerelle. La torpille s’étant rapprochée, je vois un cercle de couleur verte et un cercle rouge et au centre le métal blanc. Pas de doute, c’est une torpille italienne, que faire ?...
Nous restons calmes, au bout d’un moment, rien, donc la torpille est passée au ras de l’étrave, sans nous toucher. Ouf ! C’est une chance.
C’était l époque ou le général Franco était le chef suprême en Espagne, et ami de Mussolini et d’Hitler.
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Brest1945

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MessageSujet: Récit de Lucien MEZAN Q/M Electricien recopié par François K   Ven 19 Juin 2009 - 12:40

Récit de Lucien MEZAN Q/M Electricien recopié par François KERNEIS

Mogador. Mers –el –Kébir.
Merci de ta lettre et du récit de cette bataille courte, mais meurtrière. Pour ma part, je me trouvais à tribord arrière sous la tourelle 3 et lorsque les premiers obus sont tombés sur la digue, je regardais à la jumelle (laissée par un officier) les navires anglais. (J’étais de sécurité incendie arrière tribord). L’explosion de grenades s’est effectué derrière moi et j’ai été bousculée, vers le roof arrière, sur lequel s’est retourné la plage arrière, j’ai été en partie protégé et à j’ai une plaie à la cuisse droite, j’ai pu me dégagé et j’ai tombée à l’eau, pris du lance- torpilles. J’ai été repêché par une barque et évacué à l’hôpital, tympan perforé, éclats nombreux sur les jambes et une plaie assez profonde sur la cuisse droite. J’ai eu la chance de ne pas être coincé sous les tôles, comme certains de mes camarades. J’ai été soigné surtout pour l’intoxication du mazout que j’avais avalé. Et également dans les poumons- inapte embarquement. J’ai été affecté à la Marine –Oran au service des œuvres de la marine et je m’occupais en particuliers des secrets marins. Je l’logeais au Foyer du marin.
En novembre 1942 débarquement des américains à ARZEW et en allant, dans une ambulance chercher les blessés pour les amener à l’hôpital, nous avons été arrêtés par des canadiens et américains qui nous ont gardé deux heures. Ensuite, j’ai demandé à changer de spécialité et je suis devenu secrétaire militaire et affecté comme secrétaire auprès du directeur de l’hôpital de Casablanca, avec un séjour d’une année à Dakar ou je m’occupais du service des sports.
En 1943 j’ai posé ma candidature pour effectuer de missions spéciales en France, zone occupée, et avec un camarade Roger coulon , nous avons effectué des stages de parachutages, radios, sabotage et renseignements auprès d’Alger. Après un mois d’entrainement, (Bbigeard en était, capitaine, il à fait des sauts en parachute avec nous). Nous avons été désignés pour partir en France, dans un maquis (Le Vercors) ou nous avons encadré le FFI. Pour rejoindre l’armée de Delattre, pour aller en Allemagne. J’ai été nommé lieutenant et affecté au 152 RI en Allemagne. Ensuite je me suis arrangé pour être désigné à l’Etat major d’un major à Frisbourg
Ecrit en 1950
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Brest1945

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MessageSujet: Affaire Darlan   Ven 19 Juin 2009 - 12:41

Affaire DARLA N
L’amiral Darlan, est venu à Alger, pour voir son fils. Celui-ci était officier interprète et du chiffre, malade à l’hôpital Maillot, poliomyélite sans doute, il avait fait son service comme moi, comme matelot canonnier, il conduisait alors les autos au ministère à Paris. Des personnes réunies dans une ferme de Matifou, (40 km d’Alger) décidèrent de supprimer l’amiral. La plus longue paille désigna le futur assassin. Celui-ci : Son père se nommait Bonnier de la Chapelle, sa mère Capella, origine italienne sans doute. Le comte de paris, héritier du trône de France, se trouvait aussi à Alger. L’assassinat eut lieu au palais d’été. J’ai vu le corps de Darlan exposé à l’amirauté, puis le cercueil placé dans la soute du capitaine d’arme, un copain.
J’ai vue la tombe de l’assassin au cimetière d’Alger. L’héritier royal avait quitté Alger en vitesse pour se réfugier à Larache au Maroc espagnol. Du coup de Gaulle prit le pouvoir.
L’abbé Cordier, il reçut la confession de François Bonnier de la Chapelle et lui donna l’absolution avant que celui-ci n’aille assassiner l’amiral Darlan.

Ce récit de François KERNEIS a été écrit dans le moment avec les faits qu’il a vécu. Il a été recopié plus tard en y introduisant des extraits d’articles parus certainement dans des journaux. C’est un événement qui l’a plus marqué que Mers-El-Kébir car, selon ses dires et ceux de ma mère, il a lui-même commandé le peloton d’exécution de Bonnier de la Chapelle assassin de l’amiral DARLAN. On lui avait dit que dans le peloton d’exécution, des armes seraient chargées à blanc pour que personne ne sache qui tuerait Bonnier de la Chapelle. D’après des spécialistes, lorsque l’on tire, on sait au bruit si le fusil est chargé à blanc ou à balles réelles et le recul du fusil est différent!



Affaire DARLAN
A l’annonce de l’assassinat de l’amiral Darlan, tous les marins furent consignés. Manque de pot, j’avais l’habitude de me rendre à la maison en ce jour de noël. Le prénom de ma femme est Noëlla.
Un coup de téléphone m’annonce la présence de ma femme à la porte d’entrée. Je m’y rends. Elle me tend des habits civils en m’assurant qu’ils pourraient sans doute servir. Quelque temps après le commandant, un télégramme à la main, me dit qu’il pouvait me faire une autorisation de sortie, mais en habits civils. Stupéfaction du commandant, j’avais déjà ma tenue civile
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Brest1945

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MessageSujet: la fin de la guerre   Ven 19 Juin 2009 - 12:42

Le 1er janvier 1943, sur son livret militaire, il est noté 1er maître fusilier. Dans le 1er trimestre 1943, il y est noté une réparation de chaussures.

Le 31 octobre 1943, il passe de l’Unité Marine d’Alger au Centre SIROCO d’Alger dont il dépend jusqu’au 30 mai 1945, date à laquelle il rejoint le 2ème Dépôt de Brest où il a une permission de 22 jours. Au 4ème trimestre 1943, encore une réparation de chaussures.



Le 20 septembre 1945, il est nommé au C.A.M. de Toulon où il reste jusqu’au 30 juin 1946.
Il est admis à la retraite proportionnelle le 1er juillet 1946 avec le grade de maître principal en date du 2 juillet 1946. Le 1er juillet 1946, il rejoint le C.A.M.M. de Paris D.C. qu’il quitte le 1er juillet 1947. Il a dû, lui aussi profiter de la loi de dégagement des cadres pour ne pas aller en Indochine. Il en avait assez vu durant la guerre de 39-45 et aspirait à des bonheurs familiaux.

Il est titulaire de la Croix de la libération en date du 22 juin 1939

Il termine la guerre titulaire de la Croix de guerre et de la Médaille militaire.
Une carte du combattant est octroyée à François KERNEIS en date du 11 octobre 1950.



Un grand merci a tous!!!!
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georges bush

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MessageSujet: Re: Francois Kernéis   Mar 30 Juin 2009 - 9:39

Paradoxalement,j'ai fait le meme parcours que Mr Kernéis(la guerre en moins)
1961 L'école des mousses à Brest au groupe Armorique
1962 L'école des fusiliers à Lorient
1963 Mers el Kébir bataillon de garde
1964 L'école des fusiliers
1965 CAM à Toulon
I966 Mers el Kébir compagnie de garde
1967 E.E Guéprate(fils de bidel) et fin de carrière.

Pour la petite histoire,en 1963,nous allions en corvée entretenir le cimetière militaire de MEK situé au dessus du village ou étaient enterrés les marins français tués en1940.J'ai pu y voir la tombe de l'amiral Darlan.Nous commémorions ce triste anniversaire par une cérémonie avec un peloton en armes...Devoir de mémoire.
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MessageSujet: Re: Francois Kernéis   Mar 30 Juin 2009 - 13:01

super recherche beau récit

_________________

L'urgent est terminé, l'impossible est en cours,... pour les miracles, prévoir 24H !
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Francois Kernéis
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